Ce lundi 17 février 2025, au sein du Campus CNRS de Grenoble, le Laboratoire de Chimie et Biologie des Métaux (LCBM-CNRS-CEA-Université Grenoble Alpes), le Laboratoire de Chimie de Coordination (LCC-CNRS-Université Toulouse INP) et l’Université des Sciences et Technologies de Hanoï (USTH) ont officiellement lancé leur International Research Project (IRP) dédié à la production d’hydrogène solaire.
« L’hydrogène, s’il est produit de manière décarbonée, constitue un vecteur énergétique clé pour remplacer les combustibles fossiles par des énergies renouvelables. »* Ce projet s’inscrit ainsi dans une démarche à la fois scientifique, sociétale et environnementale, contribuant activement à la transition énergétique et au développement durable.
Cet événement marque une avancée majeure dans la coopération scientifique internationale entre la France et le Vietnam. À cette occasion, Jean-Paul Deroin, Président du Consortium USTH, accompagné de Jean-Marc Lavest, Recteur principal de l’USTH, et de Tran Dinh Phong, Vice-recteur en charge des relations internationales, ont pris part à cette cérémonie symbolisant un nouveau pas vers l’innovation et l’excellence scientifique.
Accueil et présentation du dispositif IRP CNRS
La cérémonie d’ouverture a débuté par l’intervention de Catherine Pinel, Directrice adjointe scientifique du CNRS Chimie, qui a présenté le dispositif des International Research Projects (IRP) du CNRS. Elle a également exposé les différentes modalités de collaboration internationale mises en place par le CNRS Chimie :
- International Emerging Actions (IEA) : collaboration entre deux chercheurs sur une thématique très ciblée.
- International Research Networks (IRN)
- International Research Projects (IRP) : collaboration entre plusieurs laboratoires français et étrangers, à l’image du projet actuel.
- International Research Laboratories (IRL) : dispositif plus structurant et impliquant une collaboration de long terme.
Pascal Breuilles, responsable des laboratoires internationaux, a souligné que les IRP visent à consolider des collaborations déjà établies, renforçant ainsi les liens scientifiques entre les partenaires.
Cette première partie a également été marquée par l’intervention de Pascale Bayle-Guillemaud, directrice de l’IRIG-CEA, qui a rappelé le rôle du LCBM en tant qu’acteur clé dans la production d’hydrogène et d’énergie solaire. Elle a insisté sur le soutien du CEA à ces dynamiques de recherche innovantes.
Enfin, Philippe Roux, tout nouveau Vice-Président Recherche de l’Université Grenoble Alpes, a mis en lumière l’historique des relations scientifiques et académiques entre l’UGA et l’USTH, soulignant l’importance de cette coopération pour le développement de la recherche et de la formation.
Présentation de l’USTH et historique de la relation franco-vietnamienne
Dans cette seconde partie, Jean-Marc Lavest, Recteur principal de l’USTH, a présenté l’Université des Sciences et Technologies de Hanoï, en revenant sur son parcours et son développement. Il a souligné le travail de fond accompli depuis sa création, ainsi que le retour du CNRS à la VAST, mettant en avant l’importance de l’excellence scientifique dans cette coopération.
L’USTH, fondée il y a 15 ans, occupe aujourd’hui une position stratégique au Vietnam, notamment dans des secteurs clés tels que la production d’énergie, les infrastructures, la santé, l’environnement, l’industrie des semi-conducteurs, l’agriculture et le tourisme. Avec 92 enseignants-chercheurs à temps plein avec une charge d’enseignement de 240 h par an, l’université a obtenu en 2023 l’accréditation HCERES, témoignant du haut niveau de ses formations et de son engagement scientifique. Classée 5e parmi les 250 universités du VNUR, elle se distingue par son modèle inspiré des grandes institutions scientifiques, notamment l’École Polytechnique.
L’USTH mise sur un modèle économique innovant, avec des masters co-accrédités et une forte production scientifique : 1,2 publication par enseignant, soit un chiffre nettement supérieur à la moyenne nationale vietnamienne (0,25). Pour renforcer son développement, l’université recrute 10 enseignants-chercheurs par an et soutient 9 groupes de recherche en évolution, couvrant notamment l’environnement, l’espace (REMOSAT, LMI Lotus, SOOT-SEA), la chimie et la santé.
Le Vice-Recteur de l’USTH, Tran Dinh Phong, est ensuite revenu sur l’historique de la collaboration scientifique entre l’USTH, le CNRS et l’UGA, mettant en lumière les liens solides qui unissent ces institutions. Il a présenté son équipe composée de 7 enseignants-chercheurs permanents, tous formés en France et titulaires d’un doctorat.
Il a également souligné les investissements économiques majeurs réalisés pour soutenir les projets de recherche, notamment dans trois domaines prioritaires :
- Catalyseurs moléculaires
- Nanostructuration des semi-conducteurs
- Artificial leaf
Cette présentation a permis d’illustrer la dynamique de collaboration franco-vietnamienne, confirmant l’engagement de l’USTH dans des projets scientifiques d’envergure internationale.
Présentation des axes de recherche du projet
La troisième partie a été consacrée à la présentation par chaque laboratoire de son propre panorama de recherche s’inscrivant dans le cadre du projet.
- Karine Philippot a présenté les travaux du LCC sur la photo-électrolyse de l’eau.
- Murielle Chavarot-Kerlidou a exposé les recherches du LCBM sur la photosynthèse artificielle et la production d’hydrogène.
- Vincent Artero a détaillé le cœur du projet, axé sur la production d’hydrogène par photo-électrolyse.
Enfin, un rappel du calendrier a été effectué, avec les grandes étapes du projet : lancement du projet en février 2025, réunions annuelles, échanges scientifiques et étudiants, ainsi que l’organisation de conférences et workshops internationaux jusqu’en 2029.
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